Yohann Seitz Artiste Peintre

Yohann Seitz Artiste Peintre

Décrypter et comprendre

Toutes les œuvres ont un sens et le sujet peint est plus souvent un prétexte pour emmener à la réflexion.

Je ne vais pas vous expliquer ici chaque œuvres mais plutôt vous partager une part de ma philosophie, ma vision du monde et de la vie afin de vous offrir quelques clefs utiles au décryptage de mon travail.

Le beau selon moi : Dans un monde où tout semble lisse et aseptisé, la quête perpétuelle de la perfection m'ennuie ! Si on y réfléchit bien, sommes-nous pas tous un jour tombés sous le charme d'une personne, d'un animal, d'un objet qui comportait pourtant quelques imperfections ? Ainsi je pense que dans mon travail la beauté se trouve dans l'instant de plaisir où les émotions sont ressenties et lors de la création plus que dans la finalité.

Je crois que ceci peut être appliqué à tout, par exemple, n'est-ce pas émouvant de se promener sur les anciennes voies gallo-romaines et s'émerveiller des saignées laissées dans les pavés par le passage des chars il y a environ deux milles ans ? Pourtant ces crevasses constituent bien des imperfections de la chaussée, mais qu'importe finalement, ce sont les histoires du passé et l'authenticité qui nous submergent d'émotions.

Il en va de même avec les corps, en particulier celui de la femme. Ne connaissons-nous pas tous une femme dans notre entourage qui croule injustement sous les complexes d'un corps qu'elle juge imparfait ?

Et pourtant, tout comme les voies gallo-romaines ce sont ces imperfections qui font sa beauté. Chaque vergetures, chaque courbes ou cicatrices ne sont-elles pas le témoignage d'une histoire, cela ne raconte t-il pas une part de sa vie tout comme les traces des roues de char ?

Je m’émeus de chacune de tes formes

Je m'émerveille de chacune de tes courbes

J'aime ton corps dans son ensemble

Car c'est ton histoire qu'il me raconte.

Par cet exemple je cherche à démontrer que la beauté se cache bien au delà du visible mais bien dans l'invisible, dans ce que l'on imagine, ce que l'on comprends.

Mon intention n'est donc pas de faire des oeuvres que l'on peut qualifier de belles au premier regard mais provoquer chez le spectateur une émotion.

Peut-être que vous commencez à comprendre où je veux en venir quant à mon art... L'obscurité et l'absence sont des moyens pour moi de vous pousser inconsciemment à la réflexion, à imaginer ce que vous ne pouvez voir et de là, faire naître en vous des émotions qui vous guideront sur le chemin de mon univers.

Je vous invite d'ailleurs, si vous le souhaitez à laisser un commentaire afin d'exprimer vos ressentis ou vos interprétations, je serais ravis d'echanger avec vous !

 

La pensée

 La pensée serait à mon sens comparable à l'eau.

L'eau dans tous ses états, gazeux, liquide et solide.

En effet, la pensée peut être légère, fluide, lourde, mais aussi salée, douce, dure, agitée, adoucie, calme... Mais toujours active.

Les courants peuvent aller dans des sens différents, à l'image des marées la pensée peux aller dans une direction pour ensuite prendre le chemin opposé. On peux être submergé par la pensée, la pensée peut tuer mais la pensée est aussi la vie (je pense donc je suis disait Descartes) !

Une pensée naît, comme tout cours d'eau, d'une source et se fraie un chemin jusqu'à rejoindre de vastes étendues. Aujourd'hui nous avons acquis une certaine maîtrise de l'eau, ce qui est relativement pratique dans nos vies quotidiennes mais les accidents restent possibles, une fuite, une inondation etc... La pensée ne se comporte t-elle pas de la même manière ? Qui n'a jamais eu un coup de cafard suite à un excès de mauvaises pensées ? Et n'y a t-il pas des moyens (thérapeutiques ou autres) aujourd'hui pour contrôler nos pensées ? On peux craindre l'eau comme nous craignons parfois nos pensées.

La pensée est eau !

Une étape transitoire ?

Avant la vie il n'y a rien et après la vie on en sait rien.

Pour certains il y a le paradis ou l'enfer, selon comme on a vécu et qu'elles étaient nos valeurs morales.

Pour d'autres il n'y a plus rien etc... La seule chose qui est sûre c'est que notre mort en tant qu'être humain est définitive et éternelle. Le rien par définition n'a pas de limite, il est indéfini et cela jusqu'à la création.

En somme, on peut considérer la vie comme étant une étape transitoire, peut-être comme pour se préparer, pour passer d'un infini à un autre, d'une éternité à l'autre. Il est d'usage d'aimer la vie, d'en profiter, d'en tirer le meilleur, donner à son tour la vie, aimer sa femme/son mari, ses enfants, sa famille, ses amis et aussi d'être aimé soi même. Tout est notion de plaisir. Nous sommes programmés au plaisir et c'est ainsi que l'on se retrouve bien vite désarçonnés lorsque certains événements arrivent.

Nous sommes tous un jour confronté à la perte d'un proche, ce qui est terrible pour nous, on en souffre horriblement. Et pourquoi ? On sait pourtant tous que la mort est inévitable, pour nous comme pour les autres. Parce que la mort fait peur ! Elle fait peur et nous ne sommes pas programmés spirituellement pour l'accepter comme étant une réalité pour tous. La mort c'est l'inconnu et l'inconnu ça fait peur.

Maintenant si on prend un peu de recul, que l'on se détache du vivant, qu'on prend de la hauteur, que représente une vie entre deux infinis ? Essayez d'imaginer une ligne infinie où l'on ne perçoit ni début ni fin, placez y maintenant la vie, toutes proportions gardées. Elle est imperceptible, insignifiante face à l'immensité de l'infini n'est-ce pas ? Chacun est libre d'accorder à la vie l'importance qu'il souhaite, pour se rassurer, pour y trouver un sens, parce que c'est important pour chacun aussi d'y voir un sens mais il faut aussi je pense relativiser, la vie n'est qu'une maigre étape entre deux infinis !

L'amour

S'il est bien un élément qui serait comparable à l'amour à mon sens ce serait le feu.

Le feu avec sa chaleur qu'il dégage, ne dit-on pas « ça me réchauffe le cœur » quand on reçoit de l'amour et inversement « j'ai le cœur glacé » ou « il fait froid dans ma vie » quand on perd un amour ?

Le feu qui engendre du bonheur, le feu de joie, qui nous consume et qui nous cache le temps qui passe.

Le tableau paraît idyllique, le bonheur, la chaleur, l'insouciance du temps qui s'écoule etc... et c'est là que le piège se referme. Quand on est dans ce gigantesque brasier qu'est l'amour on a tendance à oublier que pour continuer à profiter de sa chaleur il faut perpétuellement l’alimenter sans quoi il fini par s'éteindre et laisse place à un grand vide couvert de cendres.

Il y a un autre piège qui lui est bien plus vicieux. Je vous ai parlé précédemment de la pensée, la pensée est eau ! Le feu et l'eau ne font pas bon ménage n'est-ce pas ? Et là il y a deux options qui s'ouvrent à nous, soit on laisse le feu évaporer l'eau de nos pensées et ainsi on s'oublie, on y perd pour un temps notre personnalité. Pour un temps seulement, car à force de laisser évaporer nos pensées il fini par se former des nuages lourds au dessus de nos têtes jusqu'à ce qu 'éclatent de violents orages et qui par conséquent éteignent le feu.

L'autre option est celle du contrôle, lorsque l'on s'obstine à garder la tête froide. Ainsi on se retrouve entouré de murs d'eau nous empêchant d'aller vers le feu et inversement empêchant le feu de venir à nous.

Il est utopique de croire que l'on puisse vivre un amour heureux éternellement, tôt ou tard le feu se heurte soit à l'eau soit à la mort. Tôt ou tard on passe de la chaleur au froid et on sait oh combien il n'y a rien de plus radical que les changements brusques de température pour tomber malade...

Je vais conclure mon propos en citant Aragon :

« Il n'y a pas d'amour heureux »

Bonus

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